Le jour où j’ai tout abandonné…

Je suis un « self-made » entrepreneur. Ce que je m’apprête à vous raconter aujourd’hui, je le sais, est une situation que rencontrent des centaines voire des milliers d’entrepreneurs chaque jour. Cette sensation d’être si près et à la fois si loin. Cette impression qu’on y est arrivé mais qu’il reste encore tant à faire…

Je suis la preuve vivante que dans la vie de la majorité des entrepreneurs, il y aura beaucoup plus d’échecs que de réussites. En tant que femmes et hommes d’affaires par contre, on ne peut pas l’admettre. On doit être « LE » super-héros de la compagnie. Celui ou celle qui ne fléchit jamais.

« C’est à ce moment, à l’âge de 16 ans, que j’ai fait un premier plan d’affaires. Inutile de dire que j’avais mis mes grosses lunettes roses! »

Qui a réponse à tout. Qui peut faire face à toutes les situations. Or, quand on s’y arrête et qu’on est vraiment honnête dans l’analyse qu’on fait de la vie de tout entrepreneur, c’est n’est pas tout-à-fait comme ça que ça se passe… Voici en accéléré, mon parcours. Avec tous ses échecs. Sans exception.

La fibre entrepreneuriale de l’étudiant

À peine entré au secondaire, à 12 ans, j’avais déjà cette vibration à l’intérieur qui me poussait à développer mon talent d’entrepreneur.  J’étais alors à la tête d’une ligue de baseball qui réunissait tous les campings du village dans lequel je passais mes étés. De la recherche de commanditaires pour payer les uniformes à la conception de l’horaire en passant par l’achat des trophées et le « booking » des horaires des arbitres, je m’occupais de tout avec l’aide de mes parents. C’est à ce moment que j’ai découvert ce goût pour l’entrepreneuriat et le coté structurel d’une entreprise.

L’investissement de papa

Quelques années plus tard, lors d’un souper, mon père, lui-même un « self-made » entrepreneur accompli, nous annonça à mon frère et à moi, une nouvelle fantastique. « Si jamais les gars, vous avez une idée et que vous aimeriez vous lancer en affaires, vous m’en parlerez. Je vais vous donner un coup de main pour démarrer! ». Wow! « La banque est ouverte » me suis-je dit! C’est à ce moment, à l’âge de 16 ans, que j’ai fait un premier plan d’affaires. Inutile de dire que j’avais mis mes grosses lunettes roses! Fermé quelques années auparavant, il n’y avait plus en ville, d’établissement pour que les jeunes adolescents de 14 à 18 ans puissent danser les vendredis et samedis soirs. Quelle idée fantastique! Quelques mois et 100000$ plus tard, on ouvrait ce « bar » pour mineurs, alors que je venais tout juste d’avoir mes 18 ans.

Première erreur: penser qu’une fois qu’on a investi de l’argent, on n’a qu’à mettre des heures, engager des employés et le reste se fera tout seul! Je n’avais pas de ressources, pas d’expérience dans le domaine et personne autour qui avait déjà opéré ce genre de commerce…

« Self-made » entrepreneur en perdition…

Puis, je me suis dis, dans la même ordre d’idée, qu’une fois qu’on est « en business » dans un domaine, on peut y arriver dans n’importe quoi. Ce qui n’est pas tout-à-fait faux, pour autant qu’on puisse compter sur des ressources fiables. Or, j’en avais toujours pas. Donc, une fois le bar vendu (après 3 ans d’opérations et un succès qu’on pourrait qualifié de mitigé), je me suis lancé dans la photographie. Un studio de photo, un site web (un des premiers dans le domaine d’ailleurs). Mais aucun résultat. Je me suis alors dit que, étant plus jeune, comme j’avais eu du succès dans le sport (vous vous rappelez ma ligue de baseball?), je devrais donc revenir à mes premiers amours…

« Ne jamais abandonner une source principale de revenus sans avoir l’assurance que la source secondaire peut remplacer la première et la surpasser. »

Une entreprise qui sert les organisations sportives en répondant à leurs besoins de A à Z. Qu’on parle de documents, de cahiers d’exercices, des uniformes, au coté opérationnel… Tout y passait. Comme j’entraînais au hockey pour une organisation en région, j’avais une belle porte d’entrée. Un des premiers programmes sport-études de la province est né de cette entreprise. Elle fut abandonnée alors que j’ai eu une opportunité d’aller entraîner une équipe dans un niveau supérieur.

2ème erreur: Ne jamais abandonner une source principale de revenus sans avoir l’assurance que la source secondaire peut remplacer la première et la surpasser.

Cette opportunité d’entraîner dans un niveau supérieur s’est finalement terminée abruptement après seulement 8 mois, et l’entreprise qui avait été démarrée et qui allait bien n’est plus!

Un certain Steve Jobs… quand on parle de « self-made » entrepreneur…

Il y a environ 5 ans, j’ai reçu de ma douce moitié, un livre sur la vie de Steve Jobs, le « self-made » entrepreneur le plus connu, qui changea complètement ma perspective des affaires (et de Apple également!). À partir de ce moment, le déclic s’est fait! Maintenant avec l’entreprise familiale, une compagnie de confection de vêtements depuis 1956, l’ascension s’est amorcée. Je ne dis pas que tout a été rose. Que tout a fonctionné du premier coup. Que tout roule sur des roulettes depuis ce temps. Je dis simplement qu’à ce moment, un déclic s’est fait, et je me suis fait la promesse de mettre le temps et les efforts pour trouver les ressources nécessaires pour minimiser les risques d’échecs dans le futur.

Depuis, le blogue le plus complet au monde, toutes langues confondues, dans le domaine des vêtements personnalisés pour entreprises est né. Il compte maintenant près de 400 articles. Et son infolettre est toujours aussi utile pour les entrepreneurs désirant faire une collection pour leur entreprise.

Un blogue personnel est aussi mis en ligne au début de 2016. Déjà il compte une multitude d’articles, des centaines d’abonnés à l’infolettre. Des demandes de consultation, de conférence, de formation, de collaboration qui se comptent par dizaines.

Le jour où j’ai tout abandonné…

Depuis ce déclic, j’ai eu la chance d’être en contact avec une multitude d’entrepreneurs à succès. Ils sont devenus des exemples, une sorte de mentors virtuels. Bref, dans cette épopée où le succès n’était pas très souvent au rendez-vous au départ, il l’est maintenant de plus en plus. Surtout en raison du fait que je me suis fait la promesse à moi-même de tout faire en sorte pour que ça se poursuive.

« Je n’accorde plus aucune importance aux critiques à mon endroit parce que je sais maintenant qui je suis. »

Des chances d’abandonner, il y en a eu des centaines. Si j’avais fait ça, rien de ce qui m’arrive depuis 1 an ne serait arrivé. J’ai la chance d’écrire et que mes textes soient relayés par Linkedin France et Huffington Post entre autre depuis. Cette mentalité qui fait toute la différence fait en sorte que maintenant, plus rien ni personne ne va influencer le cours des choses dans mes entreprises. Je n’accorde plus aucune importance aux critiques à mon endroit parce que je sais maintenant qui je suis. Avec tout le chemin que j’ai parcouru, les connaissances que j’ai acquises, maintenant, je suis bien en selle.

Sachez reconnaître le déclic!

Il y eut un moment où j’ai commencé à vraiment prendre conscience de qui je suis. Un moment où j’ai réalisé ce que j’étais en mesure d’accomplir et que j’ai agi pour bonifier ces capacités, jour après jour. Ce moment fut la clé d’un renouveau. Ce jour là, j’ai cessé d’être simplement un entrepreneur-étudiant et je suis devenu un VRAI « self-made » entrepreneur! Ce déclic, il peut se présenter à vous sous une multitude de formes. Que ce soit une invitation à prendre contact sur les médias sociaux, une participation à un 5 à 7 d’affaires, un courriel envoyé pour un suivi, une embauche, une lecture, un billet de blogue qui prendra une tournure inattendue… Sachez le reconnaître!

Et comme la vie personnelle et professionnelle ne sont jamais bien loin l’une de l’autre, j’ai fait la promesse, un certain 3 octobre 2015, de ne plus jamais abandonner quoique ce soit. Alors ce jour où j’ai tout abandonné, il n’est pas encore arrivé…

Et il n’arrivera pas!

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